Liberalism
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Harlan Levey Projects
Rue Isidoor Teirlinck 65, 1080 Bruxelles
12 Septembre - 24 Octobre , 2026
« Le présupposé de la peinture moderniste est celui d’une surface fiable. » Miriam Stoney
Liberalism présente une série de huit peintures de grand format carré qui explorent la convergence fortuite pouvant survenir entre l’idéologie politique du libéralisme et la peinture contemporaine.
Le libéralisme est une philosophie politique et morale fondée sur les principes de liberté, d’autonomie individuelle, de progrès, de pluralisme et de respect de la vie privée, d’une portée mondiale. Le concept de la « peinture contemporaine » a historiquement émergé parallèlement au développement du libéralisme, d’abord en Europe au XIXe siècle, puis de manière explicite à travers l’abstraction américaine au milieu du XXe siècle, avant de connaître une diffusion exponentielle et parallèle à celle du libre marché mondialisé à la fin du XXe siècle.
Si la crise de la politique centriste est largement comprise comme une conséquence des contradictions engendrées par le libéralisme à l’échelle mondiale, celle qui traverse la peinture contemporaine est moins manifeste. Pour se déployer à l’échelle mondiale, le libéralisme doit abstraire les individus en unités interchangeables, au moyen d’un vaste processus d’aplanissement des différences culturelles. L’art contemporain a suivi une trajectoire similaire, à travers un processus d’« abstraction » toujours plus vaste, qui cherche à englober et à intégrer la production artistique mondiale dans un cycle cosmopolite de discours.
Avec l’avènement des réseaux sociaux et des principes d’individualisme qui ont à la fois présidé à leur conception et continuent de les animer, la peinture est devenue le réceptacle des fantasmes d’expression de soi, d’autonomie et d’authenticité qui alimentent ces flux affectifs. La peinture est devenue du contenu, et une grande partie de la peinture se contente d’elle-même en tant que manifestation de cette forme d’individualisme libéral, alors qu’historiquement, le médium fonctionnait comme un exercice pratique et séculier de reconfiguration de son propre point de vue — une manière d’apprendre à regarder. Ces deux conceptions de la peinture sont intrinsèquement libérales et, prises ensemble, donnent à voir les contradictions dynamiques inscrites au cœur des projets du libéralisme et de la peinture contemporaine. La circulation de la peinture à travers d’autres médias a peut-être, ironiquement, conduit à une réflexion particulièrement claire sur la spécificité de son propre médium, révélant le libéralisme comme son sujet par excellence.
Ces peintures obéissent à une procédure formelle déployée sur une série de toiles de 2 × 2 mètres, correspondant approximativement à l’échelle traditionnelle de la « peinture abstraite ». Le carré permet de conserver un format constant lorsqu’il est soumis à une rotation, tant physiquement que conceptuellement : les logos de partis politiques libéraux sont peints selon chacune des quatre orientations de la toile, passant d’un protocole strict à des improvisations « à main levée » sans parti pris. Le choix des partis est à la fois documenté et arbitraire : il s’agit de regrouper des partis issus de différentes régions du monde, sans corrélation politique directe entre eux, chaque groupe couvrant diverses positions sur le spectre politique gauche-droite. Dans le même temps, ces groupes sont sélectionnés uniquement en fonction de leur cohérence visuelle — ils doivent bien fonctionner ensemble. Les peintures sont tournées tout au long de leur réalisation, entraînant les images dans des processus de compression, de négociation et de con-fusion. Elles sont ainsi toujours accrochées dans le bon sens.
Le problème généralement associé au format carré chez les peintres tient à ce qu’il conduit à composer autour du centre : on se retrouve, pour ainsi dire, contraint sur le plan créatif ou compositionnel. Cette crise du « centre », commune aux peintures et à la politique libérale contemporaine, confère une tension particulière aux décisions et aux événements qui traversent chaque tableau : couleurs créatrices, contours flous, superpositions ambiguës, informations enchevêtrées et espaces recouverts de blanc deviennent autant d’analogies visuelles ouvertes, tandis que les peintures mettent en scène leur propre subjectivité libérale. L’objectif conventionnel d’une peinture « résolue » commence alors à paraître absurde, ou du moins improbable, les œuvres semblant rester suspendues entre une série d’exercices satiriques et des séances d’auto-analyse sincère. Elles s’engagent dans une interrogation de la « peinture sur la peinture » et de la « politique sur la politique », envisagées l’une par rapport à l’autre comme des processus cycliques et irrésolus. Cette expérimentation cherche à éprouver la manière dont une forme de médiation supposément épuisée pourrait revigorer l’autre, et dont la coïncidence de leurs crises et de leurs contradictions internes pourrait offrir les conditions nécessaires pour porter sur chacune d’elles un regard nouveau.
HLP Press release
Avec le soutien de la fédération wallonie bruxelles
Photos: Shivadas de Shrijver
︎︎︎ Cliquez/faites glisser pour tourner les peintures ︎︎︎








Liberalism (FPD/REDE/DNC/DA), 2026
Huile sur lin, 200 x 200 cm
Liberalism (D66/EPR/PPLE/AQ JOL), 2026
Huile sur lin, 200 x 200 cm
Liberalism (PLP/FDP/PC/A), 2026
Huile sur lin, 200 x 200 cm
Liberalism (SODELPA/V/INC/DEM.), 2026
Huile sur lin, 200 x 200 cm
Liberalism (LPC/LP/FG/ADL), 2026
Huile sur lin, 200 x 200 cm
Liberalism (LIB/NLP/DP/UCR), 2026
Huile sur lin, 200 x 200 cm
Liberalism (LDP/LE/DA/MOLIRENA), 2026
Huile sur lin, 200 x 200 cm
Liberalism (DPP/LDP/REDE/RE), 2026
Huile sur lin, 200 x 200 cm